Carnet de Route n°1

Carnet de Route N°1 – Page 33

Retour à la Campagne d’Alsace

12 Octobre – Matinée très calme : le soir à 5h se déclenche une terrible attaque. Je vois tout à coup des langues de feu de 30m avec d’épaisses fumées noires courir sur le sommet et gagner les pentes N. du Schratz. Je bondis au téléphone ; instantanément le plus terrible tintamarre de crapouillots grenades fusillades éclatent bientôt nos tirs de barrages se joignent au tintamarre. C’est effrayant, le Schratz semble un enfer – Et toujours le liquide enflammé rougeoie – Bientôt des relents d’éther viennent jusqu’à nous et les balles sifflent terriblement – Mon téléphone marche bien heureusement, je me sens moins isolé sur mon piton – à 8h ça se calme – J’apprends que nous avons perdu notre observatoire d’artillerie du Schratz – Nuit sans sommeil, fusées lumineuses perpétuellement.

A 4h nous contre-attaquons, le tintamarre recommence : pas de résultats.

13 Octobre – Journée calme. Les Officiers viennent repérer notre nouvelle ligne.

A 8h Violente attaque allemande, sans liquide enflammé, tintamarre au milieu d’un brouillard de poudre et des lueurs crues de fusées – Ça se tait vers 10h. Le Boche cette fois n’a rien gagné et nos pertes sont légères – Nuit sans sommeil encore –

Depuis 4 jours je ne dors presque pas je suis exténué –

14 Octobre – Je suis relevé par un logis, mon tour de garde étant fini –

15-16-17-18 Octobre – Tous les soirs de 17h30 à 18h Fusillade Violente sur le Linge. Nos tirs de barrage nous amènent chaque fois de Violents bombardements du Noirmont – Tués et blessés –

19 Octobre – A 15h30 je surprends d’une conversation téléphonique entre lt Courtet et lt Faucher que le groupe part certainement sous 3 jours pour la Serbie –

J’en suis un peu ému – Voilà du pays à voir – Dans la soirée nous en causons tous gaiement – mais franchement nous préférerions nous battre ici – Enfin à la Grâce de Dieu –

22 Octobre – C’est définitif, nous partons en Serbie dans 5/6 jours. Il y aura 1 an que je suis au front. Je regretterai nos monts Alsaciens, sauvages mais hospitaliers quand même – Là-bas ce sera la guerre des campagnes – et en cas de blessure –

Je tâche d’obtenir une permission car il est presque certain que nous ne passerons pas par Lyon. Je voudrais tant revoir mes parents avant ce grand départ. Mais ces Mrs les Officiers ont eu les 1ers des permissions – les hommes eux, n’ont pas besoin de revoir leurs familles.

Je suis un peu découragé, et sent que mon patriotisme a bien faibli du fait des actes de tous ces galonnés – Le Capn Du Feu déclarait au téléphone – : Oh! ils se passeront bien de permissions, les derniers!!

25 Octobre – Nous quittons à 18h la position pour Habeaurupt. Peu d’espoir de passer par Lyon –

Par défaut
Carnet de Route n°1

Carnet de Route N°1 – Page 32

Retour à la Campagne d’Alsace

30 Septembre – Pluie toujours – nous couvrons de tuiles notre abri – Les évènements de la grande offensive se déroulent très bien – c’est trop prématuré pourtant pour en tirer déjà des prévisions –

1er Octobre – La nouvelle de la prise totale de 127 canons nous parvient – nous nous réjouissons tous – La Bulgarie qui a mobilisé doit se repentir de sa décision.

– Ce qui fait plaisir c’est que le Grand Etat Major est concis en détail et que l’action continue – Ça doit faire déjà une bonne avance –

5 Octobre – Je vais au Linge avec Gallot du 59. Nous passons par Wettstein : camp bombardé nuit et jour – ensuite c’est par le Boyau 5 – Forêt fauchée, traces de bombardements terribles – Nous rentrons vers 11h c’est calme. Le soir j’apprends les blessures de Joseph et Victor Mottet.

7 Octobre – Sur l’o/ du Commandant Petiot je fais mon sac pour aller le rejoindre à Noirmont – A 7h je quitte Eberre – Nuit noire, brume, nous marchons à travers des champs de fougères comme à travers de la ouate – Nous rencontrons une voiture et 2 chevaux renversés et pêle mêle, nous aidons les conducteurs – J’arrive à 8 ½ à Noirmont comme ça tiraille un peu.

8 Octobre – Réveil au Noirmont ; J’y retrouve Frachet – Le Noirmont est un piton à 800/1200m des tranchées Boches : il est pris entre 3 feux – à gauche la Tête de Faux, en face le Rain des Chênes, à droite le Linge – Il y a 3 batteries aussi c’est bombardé violemment ; partout des traces de marmites dans le sol et sur les sapins – J’habite une cagna enterrée sombre, étroite mais où l’on est en sécurité, nous y sommes 10 – c’est à ne pas pouvoir s’y retourner. C’est la vraie vie des cagnas à marmites – Autour il y a de nombreuses fermes plus ou moins détruites, les vergers attenants nous fournissent de bons desserts – L’ennui dans cette position, c’est que je sais que nous pourrions y être pris comme dans une souricière en cas d’attaque par Grimaude

9 Octobre – Je suis envoyé par le Cdt à l’observatoire de la Carrière (865) comme chef des postes de télégraphie optique et observateur. C’est un piton boisé, en avant du Noirmont à 1 000m du Schratzmannele – J’y loge dans une grotte abris, où l’eau coule partout, on n’y peut reposer, sous ce régime nos affaires s’y abiment – L’intérêt de la vue sur le Schratz et le Linge compense. J’ai 8 hommes et ne manque pas d’occupations –

10 Octobre – Tirs de bombes, pétards, journée calme.

11 Octobre – La mitrailleuse du Rain des Chênes tire d’une façon intermittente, ce doit être une mitrailleuse française : pétards, quelques gros crapouillots.

Par défaut
Carnet de Route n°1

Carnet de Route N°1 – Page 31

Retour à la Campagne d’Alsace

17 Septembre – Zut alors – !

c’est exagéré, cette fois nous sommes marmités de tous côtés et par du gros – c’est le résultat de notre tir sur Turckheim. Ce n’est plus tenable le Boche est trop mauvais – Pendant 3h de 4h à 7h sans interruption du 150 nous arrive – Heureusement que nous quittons sous peu le camp.

18 Septembre – Mauvaise nuit, le Boche est au-dessous de tout.

Le camp est rebombardé de 11h à minuit – A minuit moins ¼ – je me réveille au 20e obus car je dormais très profondément ; J’allume une chandelle : plus personne dans notre baraque – Où diable les camarades sont-ils allés : Arrive encore 2 obus tout près ; il me semble que la baraque en carton va crouler –

Je me lève et trouve les camarades avec leurs couvertures sur le dos grelottant dans l’abri à marmites.

– On attend 10’, le Boche s’est calmé ; il ne tire plus, mais il m’a vilainement réveillé –

C’est notre faute encore paraît-il car cette nuit nous avons bombardé l’usine fabriquant du gaz asphyxiant à Turckheim.

18 Septembre – Nous transvasons un culot d’obus asphyxiant pour l’analyser. Le liquide qui dégage des vapeurs à l’air libre est brun et épais – Ça nous fait pleurer comme des malheureux et nous souffrons des yeux pendant 3 ou 4 heures – C’est réellement bien trouvé cette affaire là –

24 Septembre – Heures tragiques – Nous subissons un bombardement effréné de plus de 300 coups – de 8h à 11h – Du 1er obus je l’échappe belle ; j’étais au bord du lac et sans sifflement je suis couvert d’une grande gerbe d’eau – C’est un 183, il n’a pas éclaté! –

Sans cela, moi et un territorial nous y étions – il était à moins de 10m et nous le surplombions – De 10h à 11h tir d’efficacité – Toutes les 5’’ ou 10’’ il nous arrive des 105 et 133 – 3 tués – en bouillie, l’un déshabillé complètement les autres sans tête et sans jambes – 10 blessés – l’hôtel a reçu –

Vivement que l’on quitte cet endroit

– Le Lac Blanc et Wettstein sont aussi violemment bombardés.

26 Septembre – Nous déménageons pour aller à Eber Wald, c’est au Sud, entre Bichstein et le Lac Noir –

Nos abris sont auprès d’un sentier en pleine sapinière ; pas de vues. L’eau à 400m ce n’est pas gai comme séjour mais nous pourrons nous installer confortablement, et sans envoi du Boche sans doute –

28 Septembre – Depuis que nous sommes par là c’est une pluie fine continuelle – L’humidité suinte de partout – nous n’avons presque pas de paille et couchons ainsi sur la dure.

Le matin je pars à 7h avec Porchier pour Sulzern, avec mission d’en rapporter du mobilier – Nous passons dans toutes les maisons : pauvres petits intérieurs alsaciens.

– Une bonne partie de Sulzern est détruite par les obus – le reste a été plus ou moins pillé – Tout montre l’abandon et la ruine complète – Bah! c’est du Boche tout ça – Après des explorations de la cave au grenier, nous trouvons un vrai butin – Fauteuils, fourneaux, chaises, tables, vaisselles, etc. etc.

Le Boche a eu la bonne idée de ne pas nous canarder quoique presque tous les jours Sulzern soit bombardé –

Par défaut
Carnet de Route n°1

Carnet de Route N°1 – Page 30

Retour à la Campagne d’Alsace

31 Août – Les Boches attaquent le Linge, nous entendons de nouveaux depuis 3 semaines le grondement du canon. Qques 133 tombent près du lac –

Ils attaquent violemment le Linge, utilisent de gaz asphyxiants. On perd une tranchée, puis on la reprend, ça chauffe jusqu’à 10h du soir –

J’apprends la mort de Georges Comparatn8.

– Les lieutt Boccacio et Rose des 47/1 et 6/1 sont blessés vers 865 –

1er Septembre – Finalement l’attaque boche ne fait rien – Le soir sur la digue, rentrant d’une position de 90 hachée d’où on voit le Linge je trouve Ferré, médecin auxiliaire au 70e Bon Chass. Son frère a été tué le 21 juin –

9 Septembre – A 17h25 brusquement les Allemands attaquent le Schratzmannele. Le roulement de la canonnade est formidable – Nous perdons la pointe du Schratzmannele, peu de chose en somme ; Des journalistes neutres venus pour voir nos positions doivent assister par hasard à un formidable bombardement des deux parties. Nous sommes tous sur les dents – 3 obus de 105 arrivent tout à coup du milieu du lac et soulèvent de gigantesques gerbes d’eau.

Les Boches nous avaient prévenus que demain ils nous attaqueraient avec une violence inconnue jusqu’ici – Drôle de mentalité orgueilleuse – C’est là 2e fois que ça se produit depuis 9 jours –

Entendu cette phrase, qui nous fit rire malgré notre nervosité :

Capn Petiot s’adresse à un muletier en panne (du 11e) devant la cagna :

« Que faites-vous là –

« J’attends les ordres du cuisinier

« Comment s’appelle-t-il votre cuisinier

« : Abondance –

10 Septembre – A 9h on contre-attaque mais ne reprenons pas toutes les tranchées dont : le sommet du Schratzmannele.

11 Septembre : Calme relatif, coups de canon contre batteries

13 Septembre – A 10h, le Boche commence un bombardement soigné de notre camp – Des 105 ou 150 de 3 en 3 minutes et cela pendant 2 heures tombent un peu partout – Plusieurs dans le lac, soulevant de magnifiques gerbes d’eau – Résultat – le cuisinier Boyer de la 6/1 – est tué – c’est tout mais ça nous secoue joliment –

15 Septembre – Le Boche commence à devenir sérieusement embêtant nous sommes gratifiés d’une centaine de 88 et 150. C’est du tir de représailles à notre égard car nous avons bombardé Munster – Pas de mal heureusement –

Calme sur le reste –

Par défaut
Carnet de Route n°1

Carnet de Route N°1 – Page 29

Retour à la Campagne d’Alsace

10 Août – Départ du Collet en fourgon et par un temps magnifique – Nous 7 descendons la belle vallée de la Vologne – Je prends en photo la 1ère maison française que je vois depuis 7 mois –

En arrivant je trouve chez de braves gens une chambre confortable dont je garderai longtemps le bon souvenir. L’hôte et l’hôtesse (Humbert Claude Quincailler) sont charmants – Il y a une nombreuse famille dont une grande jeune fille avenante (Melle Emma). Les heures sont calmes et reposantes –

11 Août – Je prends le déjeuner en famille, il y a salle de bain et je me baigne tous les jours –

C’est une vraie villégiature – La guerre a de bons moments qui font vite oublier les mauvais.

Encore un deuil : P. Vulliermen7 a été tué –

25 Août – L’ordre de départ arrive de quitter la Bresse, les jours passés à la Bresse ont été délicieux. La famille Humbert Claude a été d’une affabilité parfaite et je me souviendrai toujours de leur large hospitalité.

– Un petit roman s’ébauchait même et ma foi j’ai fait pleuré les jolis yeux bleus de la petite amie de Melle Emma par mon départ –

Je garderai toujours de la Bresse et de ses braves gens le plus doux souvenir.

– Le matin du 26 Août – à 4h nous partons – Melle Emma et Lucie (…) sont levées, nous préparent à déjeuner, puis : adieux et en route –

Nous dînons à Xonrupt et arrivons à 5h au Lac Noir – Nous avons passé au Rudlin, col de Luschbach et le Lac Blanc ; je revois les endroits où ns ns sommes battus il y a 9 mois.

27 Août – Le Lac Noir fait face au Linge : c’est là que se trouvent toutes les organisations de la division.

– C’est un site merveilleusement sauvage – Le lac épand ses flots d’encre dans un entonnoir de grandes collines granitiques abruptes et plantées de pins – Il a la forme d’un triangle de 4 ou 500m de côté. Nous logeons dans des baraques en planches – Il y a des poux paraît-il.

Par défaut
Carnet de Route n°1

Carnet de Route N°1 – Page 28

Retour à la Campagne d’Alsace

2 Août – Jour anniversaire de la mobilisation : hélas ! c’est un bien triste anniversaire, voici 1 an que j’écris ce carnet, 1 an bientôt que je suis sur le front –

Je pense avec tristesse à tous ces beaux jeunes gens, pleins de santé et d’intelligence,  changés maintenant en choses informes, choses introuvables que même leurs êtres chers ne retrouveront pas, à tous ces hommes murs qui laissent des veuves et des orphelins –

A tous mes amis : Rochegnos, Mouisset, Donneau, Moulin, Vibert et tous ceux dont j’ignore le sort – Le dernier dont je viens d’apprendre la mort est Suchet – Je lui écrivais il y a 8 jours à peine réclamant de ses nouvelles.

Nous avions fait vers le 15 août une grande promenade à pied à travers le Mont Verdun – il était à peine remis de sa pleurésie.

– Il est mort dans les Flandres obscurément, en héros, comme il venait d’être nommé sergent –

Pauvre ami, pauvres parents –

Tous ces deuils, c’est un peu du doux passé qui s’en va.

Ah ! Guillaume! quel criminel

3 Août – Les permissions recommencent –

Tournier part gai et content.

– Il pleut ; la nouvelle nous arrive que nous retournerons peut-être à Gaschney participer à une affaire contre Mühlbach – Toujours se battre – Et les Russes reculent, Varsovie est à la veille d’être évacuée – Les Allemands doivent sans doute engager toutes leurs réserves, c’est incompréhensible autrement – L’Italie avance mais très lentement – De plus en plus l’idée s’accrédite que la guerre ne finira pas par les armes et qu’il n’y aura pas de vainqueur – et je pense toujours fermement que la guerre finira en 1915.

4 Août – De Bichstein nous allons rejoindre la 42e Be à Rothried – Nous travaillons activement à la construction d’une cagna – Le soir elle n’est pas terminée, nous couchons sous des toiles de tentes et il pleut.

La nuit une pauvre chèvre vient s’installer entre moi et Dubouley, nous sommes tellement fatigués que ni la pluie ni la chèvre ne nous réveillent ; le matin elle se conduit mal et s’oublie tout près de mes joues ;  je me réveille sous la mauvaise odeur.

5 Août – Travail à la cagna.

6 Août – C’est enfin terminé et il fait beau – Rothried est un site charmant – un petit ruisseau court à travers une verte prairie, les pentes du Hohneck forment un cirque abrupt et nous entourent. C’est frais et joli –

7 Août – Pendant la messe, bombardement de la route de la Schlucht par du 420.

8 Août – L’ordre nous arrive de partir au repos à la Bresse.

9 Août – Nous partons au soir à 9h et suivons la batterie jusqu’au Hohneck – Là, Garnier moi et Mathieu, accompagnant nos mulets, nous allons au Collet.

[Feuille de chêne séchée, « Madeleine » inscrit dessus]

 

Par défaut
Carnet de Route n°1

Carnet de Route N°1 – Page 27

Retour à la Campagne d’Alsace

21 Juillet – Nous avons reperdu le Pt Reichaker – il n’y a pas à dire, les chasseurs actuels ne valent plus ceux d’antan comme mordant – par contre notre artillerie est vraiment extraordinaire –

Je passe la journée à l’observatoire –

L’action continue vers le Linge, le Reichaker est toujours bombardé –

Il se dresse rouge dévasté et fumant comme un volcan.

Le soir à 10h contre attaque des Boches qui reste stérile. Les fusées lumineuses et les éclatements d’obus font un 14 juillet épatant.

22 Juillet – Pluie = les actions sont remises – nous sommes presque au sommet du Linge – Nous avons employé des obus spéciaux mais ce n’est pas d’un effet écrasant.

Je passe la nuit de 10h à 3h du matin à conduire un convoi de munitions à la 6/1 – Le temps s’était éclairci – par les sapinières nous allons jusqu’à Sulzern – De temps en temps un obus siffle, les fusées éclairent notre route : c’est très chic –

29 Juillet – Rien de particulier l’attaque est toujours remise –

Temps gris – Impossible de voir les signaux blancs qui doivent marquer la ligne française –

Depuis que nous sommes à Bichstein, nous ne sommes presque pas bombardés, ça change avec Gaschney.

On murmure que la Roumanie est à la veille de la déclaration de guerre tant mieux. Si des imprévus comme celui-ci ne se réalisent, j’ai peur d’une 2e campagne d’hiver – Dans quel degré d’abrutissement on serait alors ? –

Du 23 Juillet au 1er Août – Attaque du Baerenkopf, du Schratzmannele –

De l’observatoire, nous jugeons très bien des phases du combat. Les nuits contre attaques allemandes, 14 Juillet tous les soirs – Le 114e Bon se fait prendre en bonne partie au Baerenkopf – les pertes allemandes sont élevées – les nôtres aussi : on parle de 6 000 h

Le Capn n’ayant que 2 batteries ne s’occupe pas du secteur du Linge, nous ne sommes donc que spectateurs.

Le 31 Juillet, nous venons habiter au col du Bichstein, nous couchons dans des abris infects, l’eau nous coule sur le visage toute la nuit, puis c’est l’éternelle organisation des cagnas

Maintenant c’est « Caroline » qui nous sonne aux oreilles, avec ses sœurs : la pièce folle et la pièce en zinc – Nous vivons dans les sapins ne voyant que des petits trous de ciel, il pleut souvent : c’est abominablement triste – Assez souvent des marmites éclatent aux alentours – un peu partout, mais en somme ici même, c’est relativement calme.

– La 6/1 – a eu des pertes dans les combats –

Par défaut