Carnet de Route n°1

Carnet de Route N°1 – Page 1

Retour à la Campagne d’Alsace

10 Novembre

Je pars – quelques regards en arrière –

Vendredi 31 juillet – La situation se tend selon les journaux la guerre est inévitable.

Samedi 1er août – Journée historique – Mobilisation – les femmes pleurent partout – à 5h place de la comédie Herriot harangue – Délire dans la foule – Quel frisson – je passe la soirée avec Givon. La victoire suivant tous est certaine.

Mois d’août – Départ de tous mes chers beaux frères. La grande occupation de Lyon c’est de lire les nouvelles – Je passe tous les jours en compagnie de Jean. On parle de l’envahissement mais tous les gens savent que ça ne durera pas.

6-7bre – Départ à la caserne – Les 1ers jours sont pénibles on est mal logés – Enfin je fais partie du peloton et je me crée quelques amis – Cadet Ginot L’austria.  Je retrouve Mérie – Je loue une petite chambre – soirée bien gentille.

Mois de Sept. – Victoire de la Marne – les Prussiens reculent.

3 Novembre – Mes parents viennent avec Lucie – Quand les reverrai-je ? Nous dînons cher Mme Mochot.

8 novembre – J’apprends que je suis du 1er convoi – Je suis très calme.

10 novembre – C’est fait je pars. Maurel qui pleurait parce qu’il ne partait pas m’a fait pleurer. J’écris à mes amis – Les heures sont comptées – on nous habille. Je vois M. Petiot – je vais à la 42e et emporte des souvenirs pour mon capitaine – La gaieté folle de mes camarades me fait mal au cœur – J’ai besoin de toute ma tête ; c’est grave ce que je  fais – Nous partons à 3h clairons sonnants, les femmes nous voyant si jeunes ont l’air tristes – nous avons des fleurs et j’ai envie de pleurer – J’ai trop vécu pour me griser et je réfléchis trop – et que le sac est lourd – avec les vivres que nous emportons il écrase – En passant je vois Mme Mochot – J’ai envie de l’embrasser. Elle téléphone à Lucie – et je verrai peut-être mes parents.

Maintenant nous sommes dans le train en route pour Lyon puis pour Ste Marie aux Mines  je crois – Une femme m’a donné une médaille à la gare –  Que Dieu m’aide.

11 Novembre – Jour de joie. Nous avons été cantonnés place Jean Macé – J’ai trouvé à la gare de la Guillotière Lucie Antoinette1 et Rirette et papa – Ô quelle joie – Après avoir posé le sac j’ai été libre et suis allé coucher à la maison – J’ai vu Maman – J’ai bien dormi le cœur léger – J’ai vu le matin P. Dupeuble  Mme Pillion et Eugène Moulin et M Mottet – Louis Moulin a disparu – des deuils encore. Cette journée a été pour moi inoubliable comment n’ai-je pas pleuré. Le soir à 2h il a fallu quitter la maison – Ma pauvre mère a bien pleuré et moi j’ai ressenti tellement d’impressions que je ne puis tout exprimer – J’ai vu un M. Hein qui a ses 2 fils aux 1ers il m’a embrassé dans la rue –

A 2h½ accompagné de père Lucie et Elie je rentre au cantonnement – C’est l’heure du départ – P. Cadet Ginot Laustriat sont avec moi – Nous ns embrassons tous – C’est fini on met le sac, dernier baiser à père Lucie et Elie qui m’apporte des cigares – On monte en wagons – Haut les cœurs – à 5h on part –

– L’impression snob de la journée a été la course en ville avec Ginot Cadet et Laustriat dans l’auto de Ginot.

Publicités
Par défaut

Une réflexion sur “Carnet de Route N°1 – Page 1

  1. Verena dit :

    Bonjour,
    Un grand merci pour ce travail et ce témoignage. Claudius était mon arrière grand-oncle (je suis la petite-petite fille d’Antoinette). J’ai obtenu l’adresse de ce blog grâce à ma cousine. C’est assez fou de retrouver sa famille à travers un bond de 100 ans !

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s